Dotée d'une silhouette gracieuse et d'un visage d'une rare beauté, aux traits bien dessinés, au sourire éclatant et au regard intense, Jean Simmons possédait en outre un charme indéfini, mélange d'innocence et de maturité, de retenue et de sensualité. Sa présence dans un film suffisait à illuminer l'écran. Mais, alors qu'elle était capable de conférer flou et ambiguïté à des personnages complexes, cette comédienne exceptionnelle, au jeu d'une extrême précision et d'une rare subtilité, ne fut le plus souvent utilisée que pour sa douceur et sa fragilité apparentes, son élégance aristocratique naturelle.
Jean Merilyn Simmons est née à Londres le 31 janvier 1929. Comme elle fait sa scolarité à l'Ada Foster School, où les gens de cinéma ont l'habitude de recruter des enfants et des adolescents, elle débute à l'écran, en 1944, dans Give Us the Moon de Val Guest. Après être apparue dans une demi-douzaine de films, elle est prise sous contrat par J. Arthur Rank. En deux ans, de 1946 à 1948, elle s'affirme avec The Great Expectations (Les Grandes Espérances) de David Lean (1946), Black Narcissus (Le Narcisse noir) de Michael Powell (1947), dans lequel sa beauté éclate, et Hamlet de Laurence Olivier (1948), où sa prestation dans Ophélie lui vaut un prix d'interprétation à Venise et une citation pour l'oscar pour la meilleure actrice dans un second rôle. Malheureusement, les films dans lesquels elle tourne ensuite ne rendent pas justice à son talent.
En 1951, comme Rank s'inquiète de son image auprès du public après son mariage avec Stewart Granger, qui a divorcé de sa première femme pour l'épouser, la firme laisse partir Jean Simmons à Hollywood, où son mari est lui-même appelé, pour jouer dans Androcles and the Lion sous la direction de Gabriel Pascal. Le tournage reporté, Rank profite de l'occasion pour revendre le contrat de l'actrice à R.K.O. au grand dam de Stewart Granger qui, ayant signé avec M.G.M., espérait qu'elle l'y rejoindrait. Cependant, R.K.O. lui offre un de ses plus beaux rôles, celui de la jeune psychopathe meurt […]
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