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JEAN SCOT ÉRIGÈNE (810 env.-env. 877)

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4.  Orientations méthodologiques

Autant et plus que par son système lui-même, Érigène aura marqué l'histoire des théologies et des philosophies par la place et le rôle essentiels qu'il accorde à la raison. Comme fonction du νο̃υς, lui-même image de la Trinité, la raison « droite, saine, vraie (rectasanavera) », c'est-à-dire affranchie des préjugés, des passions ou des erreurs de sa condition empirique (nuncadhuc), retrouve normalement le regard pur qui fut le sien dans sa condition primordiale, au niveau des causes. En d'autres termes, elle retrouve le regard même du Verbe (Λ́ογος) en qui elle est éternellement créée. À ce titre, elle peut, et même elle doit juger toutes les autorités (auteurs profanes, Pères), voire l'autorité suprême de l'Écriture dont le rôle est en réalité provisoire, pédagogique, partiel, et qui n'aurait pas eu de raison d'être « si l'homme n'avait pas péché ». Dans la mesure où le νο̃υς a su redevenir lui-même, c'est-à-dire image authentique de la Trinité, la ratio est redevenue en droit universellement judicatrice. Si la référence trinitaire atténue quelque peu l'audace d'une telle position, il reste qu'une voie est ouverte par où la « raison », devenue pleinement « laïque », pourra s'affirmer dans une totale autonomie.

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Dans le chapitre "D'Avicenne à Érigène"  : …   et de fluxu entis, cet ouvrage est un centon de passages empruntés à Denys, Augustin et *Jean Scot Érigène, entremêlés aux textes authentiques d'Avicenne. Exposant la doctrine érigénienne des théophanies dans le cadre de la théorie avicennienne des Intelligences, mêlant inextricablement la notion d'un Dieu « se créant lui-même » dans sa… Lire la suite
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