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RENOIR JEAN (1894-1979)

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3.  L'engagement politique

La représentation que chacun se donne de lui-même est liée à un autre « théâtre », celui de la société et de l'histoire. Dans un premier temps, la vision de Renoir se teinte d'anarchisme. Refusant une intégration sociale hypocrite, Boudu se laisse porter au fil de l'eau pour retrouver ses nippes et son état de clochard. Le héros de La Chienne, clochard à son tour, laisse volontairement condamner le souteneur innocent, du moins du meurtre dont il est accusé. Progressivement, sous l'influence de ses amis, dont son assistant, le futur réalisateur Jacques Becker, et frappé par l'émeute du 6 février 1934, Renoir devient un « compagnon de route » du Parti communiste. Il dirige le film de propagande collectif pour la campagne électorale du Front populaire, La vie est à nous (1936). De 1936 à 1938, il tient une rubrique très engagée dans Ce Soir, le quotidien de Louis Aragon. La Marseillaise (1937), fresque intimiste sur la Révolution française, est financée par une souscription lancée par la C.G.T. Renoir devient un cinéaste politique, tenté par le réalisme, voire le naturalisme, d'autant qu'il adapte Flaubert (Madame Bovary), Gorki (Les Bas-Fonds, 1936), Maupassant (Partie de campagne), et de nouveau Zola (La Bête humaine). Inspiré par un fait-divers, Toni marque le point extrême de ce qu'il qualifiera de « crise de réalisme aigu ». Tourné sur les lieux mêmes où vécurent les personnages, Toni inspirera le néo-réalisme italien, et Luchino Visconti figure parmi les assistants du cinéaste pour ce film. En 1935, Le Crime de M. Lange anticipe la sensibilité ouvriériste du Front populaire. Après la fuite du patron véreux, Paul Batala, des ouvriers fondent une coopérative afin de sauver leur entreprise. Un long panoramique dans la cour de l'immeuble où travaillent ouvriers, blanchisseuses et concierges accompagne le meurtre, par Lange, du crapuleux Batala revenu pour faire valoir ses droits. Comme le meurtre de l'usurier Kostilef par Pepel et les autres locataires d […]

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La Grande Illusion, de Jean Renoir La Bête humaine, de J. Renoir, 1938

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