3. Les ateliers de Maxéville
À la Libération, Jean Prouvé assure, en tant qu'ancien résistant, la charge de maire de Nancy. Mais il reprend très vite son activité de constructeur. En 1947, il transfère ses ateliers en périphérie de l'agglomération nancéienne, à Maxéville. Réinstallée dans de bonnes conditions, son entreprise devient l'un des foyers du renouveau de la pensée constructive en France. Les dessinateurs, les techniciens et les ouvriers y coopèrent dans une ambiance de respect mutuel. De jeunes architectes (parmi lesquels Joseph Belmont et Maurice Silvy) viennent y élaborer leurs projets. Cette structure de production, où s'effectue un échange incessant entre la planche à dessin et l'atelier, constitue un outil d'expérimentation remarquable. Un objet, une fois dessiné, est aussitôt réalisé en vraie grandeur. Les vérifications effectuées sur les prototypes aident à déterminer les modifications nécessaires jusqu'à la mise au point définitive de l'objet. Tout le savoir-faire de l'équipe est mobilisé dans ce processus tendu vers l'innovation. Confiant dans la valeur de son entreprise et soucieux de la développer à une échelle industrielle, Jean Prouvé sollicite en 1949, lors d'une augmentation de capital, le groupe de L'Aluminium français. Ce groupe, à travers sa filiale Studal, va prendre une place prépondérante dans la gestion des ateliers, modifiant les méthodes de travail jusqu'à remettre en cause la continuité entre conception et fabrication. En juin 1953, après le licenciement de trente employés, Prouvé, désemparé, quitte son entreprise. Il installe son activité à Paris, où il fonde en 1955, avec les ingénieurs Michel Bataille, Jean-Claude Aron et Serge Ketoff, Les Constructions Jean Prouvé. C'est lors de ces années difficiles qu'il construit sa maison sur les hauteurs de Nancy (1954).
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