Né à Paris, Jean-Pierre Vincent fait ses débuts avec Patrice Chéreau en participant au groupe théâtral du lycée Louis-le-Grand. Dès 1966 éclate L'Affaire de la rue de Lourcine, un Labiche iconoclaste. Lorsque la municipalité de Sartrouville souhaite s'attacher une troupe permanente, elle fait appel à Chéreau. Jean-Pierre Vincent le suit. L'expérience dure un an et se solde par des dettes considérables ; 1968 attise les conflits, Chéreau doit partir, la troupe se disloque.
À Grenoble, Jean-Pierre Vincent assiste à un colloque sur Brecht, il y rencontre un jeune universitaire cinglant et contestataire, Jean Jourdheuil. Leur humour et leurs interrogations s'accordent, ils s'associent. Ils montent en Bourgogne La Noce chez les petits-bourgeois de Brecht, chef-d'œuvre méchant qui retrouve le délire dévastateur des grands burlesques américains. On commence ainsi à parler des « Vincent-Jourdheuil », metteurs en scène et dramaturges au sens allemand du terme, c'est-à-dire dégageant les implications historiques, politiques et philosophiques d'un texte. C'est la première association de ce genre en France. Elle durera sept ans. Vincent-Jourdheuil montent Tambour […]
