Né à Paris, Jean-Pierre Vincent fait ses débuts avec Patrice Chéreau en participant au groupe théâtral du lycée Louis-le-Grand. Dès 1966 éclate L'Affaire de la rue de Lourcine, un Labiche iconoclaste. Lorsque la municipalité de Sartrouville souhaite s'attacher une troupe permanente, elle fait appel à Chéreau. Jean-Pierre Vincent le suit. L'expérience dure un an et se solde par des dettes considérables ; 1968 attise les conflits, Chéreau doit partir, la troupe se disloque.
À Grenoble, Jean-Pierre Vincent assiste à un colloque sur Brecht, il y rencontre un jeune universitaire cinglant et contestataire, Jean Jourdheuil. Leur humour et leurs interrogations s'accordent, ils s'associent. Ils montent en Bourgogne La Noce chez les petits-bourgeois de Brecht, chef-d'œuvre méchant qui retrouve le délire dévastateur des grands burlesques américains. On commence ainsi à parler des « Vincent-Jourdheuil », metteurs en scène et dramaturges au sens allemand du terme, c'est-à-dire dégageant les implications historiques, politiques et philosophiques d'un texte. C'est la première association de ce genre en France. Elle durera sept ans. Vincent-Jourdheuil montent Tambour et trompettes, Le Marquis de Montefosco de Goldoni, une première version de La Cagnotte. Schématiquement, leur style peut ainsi se définir : c'est un jeu démonstratif, appuyé sur le comique de rupture et la critique sociale, et opéré à travers le démontage de textes mineurs. Avec leur première œuvre contemporaine, Capitaine Chelle, capitaine Eçço de Rezvani (1971), le burlesque fait place à un jeu plus concentré. Une deuxième version de La Cagnotte, plus noire et d'ailleurs mal équilibrée, amorce un tournant, et avec La Jungle des villes (1972) commence l'approche de textes complexes comme l'intrusion d'un onirisme révélateur.
Vincent-Jourdheuil fondent un collectif. Cette compagnie, dont chaque membre doit assumer, selon sa fonction, l'ensemble du travail, s'associe à la compagnie de ballets du théâtre du Silence et à l'Ensemble de musique vivante pour pr […]
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