Peintre et sculpteur canadien, Jean-Paul Riopelle est mort, au printemps 2002, à l'âge de soixante-dix-neuf ans dans sa maison de l'Île-aux-Grues, sur le Saint-Laurent, où il avait choisi de se retirer au début des années 1990. Des funérailles nationales ont marqué l'hommage solennel que la ville de Montréal entendait rendre à un artiste canadien célébré dans le monde entier. Au mois de juin de la même année s'ouvrait, au musée des Beaux-Arts, une importante rétrospective de son œuvre où pouvaient se lire les grandes étapes d'un parcours et d'une pratique qui, depuis les premières toiles informelles des années 1940 jusqu'aux grands cycles figuratifs entrepris vingt ans plus tard, n'avaient cessé de célébrer cette nature qui constitue le fondement même de son art. « Pour moi, avait coutume de dire Jean-Paul Riopelle, l'unique référence c'est la nature. La liberté n'existe que là et en même temps la plus forte contrainte. »
Né à Montréal, Jean-Paul Riopelle suit quelques cours à l'Académie des beaux-arts, puis étudie à l'École du meuble où il fréquente l'atelier de Paul-Émile Borduas. Ce dernier, largement influencé par le surréalisme, devait, sous le nom d'Automatistes, reg […]
