Jean-Paul Belmondo est porté par la Nouvelle Vague plus qu'il ne lui apporte. Il va pourtant représenter un nouveau type d'acteur, au physique de « dur », dont la beauté ne doit plus rien à la tradition du « beau ténébreux » des années 1930, tels Pierre Richard-Willm ou Jean-Pierre Aumont, du jeune premier et séducteur des années 1940 et 1950, qu'incarnaient Georges Marchal, Jean Marais et surtout Gérard Philipe.
1. Jouer comme on boxe
Né à Neuilly-sur-Seine le 9 avril 1933, Jean-Paul Belmondo est issu d'une famille d'artistes : son père, Paul, était un célèbre sculpteur, sa mère artiste peintre, sa grand-mère, Rosine Serrito, danseuse étoile en Italie. Durant sa scolarité chaotique, il prise plus le football et surtout la boxe que les études, qu'il abandonne à seize ans. L'année suivante, il prépare le Conservatoire et débute dans des petites tournées. Recalé plusieurs fois, il entre au Conservatoire en 1952, malgré la remarque cinglante du critique théâtral Jean-Jacques Gautier : « Monsieur Belmondo ne réussira jamais avec sa gueule de voyou. » Il débute au cinéma dans des seconds rôles : À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez, 1957), Sois belle et tais-toi ! (Marc Allégret, 1958, avec Alain Delon), Les Tricheurs (Marcel Carné, 1958)... Tandis que sa carrière théâtrale prend forme, Claude Sautet lui confie un rôle important au côté de Lino Ventura dans un policier, Classe tous risques, 1960. Il y joue un rôle de voyou sympathique à l'esprit non dénué de noblesse, propre aux personnages des romans de José Giovanni. Mais sa prestation sobre et remarquable est éclipsée, la même année, par le film-événement de la nouvelle vague, À bout de souffle. Il interprétait déjà un pique-assiette cynique, bousculant les conventions bourgeoises, mais lucide, dans À double tour (Claude Chabrol, 1959). Dans À bout de souffle, Jean-Luc Godard va pousser à l'extrême du cynisme, de la provocation, de la désinvolture physique et morale son personnage de Michel Poiccard, pourtant à la fois si […]
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