Ambassadeur à Lisbonne de 1559 à 1561, Jean Nicot (qui passe dans l'histoire pour avoir introduit le tabac en France) y apparaît comme un excellent observateur et ses lettres demeurent une source précieuse de renseignements pour l'historien. C'est alors qu'il envoie à Catherine de Médicis du tabac en poudre, destiné à soulager les migraines de la régente. D'où un succès certain, qui vaut à son nom d'être immortalisé sous la forme du mot nicotine. Devenu ecclésiastique, Jean Nicot meurt curé de Brie-Comte-Robert. Il passe pour l'auteur du Thrésor de la langue françoise, tant ancienne que moderne (paru en 1606), mais qui n'est qu'un médiocre plagiat du Dictionnaire latin-français de l'humaniste Robert Estienne, paru en 1530, auquel l'auteur, quel qu'il soit, s'est contenté d'apporter, en 1573, des adjonctions d'importance mineure. Même la paternité prétendue de la tabagie doit être précisée. Le tabac a été introduit par Christophe Colomb dès son premier voyage d'exploration de l'Amérique. De Séville, il s'est rapidement diffusé dans toute l'Europe. Le mérite de Nicot se borne donc au fait d'avoir rendu le produit « noble », de l'avoir transformé en mode de Cour, tôt ou tard destinée à se vulgariser. Encore doit-il partager ce mérite avec Catherine de Médicis.
Jean MEYER
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