Né à Damas, Jean Moschos entra très jeune dans un monastère proche de Jérusalem, en même temps que son ami Sophrone qui devait être son fidèle collaborateur et, après la mort de Jean, devenir patriarche de Jérusalem. La vocation de Jean Moschos semble avoir été de recueillir l'héritage spirituel de Palestine, d'Égypte et du Sinaï, hauts lieux du monachisme originel menacés autant par les invasions — perses puis musulmanes — qui allaient faire du viie siècle la « fin du monde » que par l'hérésie qui, plus d'une fois, fit le jeu des envahisseurs. Jean Moschos séjourne longuement dans ces « déserts » peuplés de moines. En Égypte, en compagnie de Sophrone, il combat avec succès le monophysisme. Après la prise de Jérusalem par les Perses, en 614, les deux amis gagnent Rome où Jean Moschos rédige en grec le Pré spirituel que Sophrone éditera. Le Pré spirituel est le recueil de deux cent dix-neuf anecdotes vivantes et directes illustrant l'existence des moines, ainsi que de certains laïques, et rapportant leurs sentences. Malgré l'effort pour insérer le monachisme dans l'institution, malgré la prolifération d'un merveilleux parfois douteux, on y voit persister la conception charismatique du monachisme originel. Ce recueil, véritables Fioretti de l'Orient chrétien, a connu une immense diffusion dont témoigne sa traduction en latin, en slave et dans les langues orientales.
Olivier CLÉMENT
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