2. Le théâtre, une synthèse de la vie
En mai 1968, les contestataires occupent l'Odéon. Jean-Louis Barrault n'ayant pas pris contre eux les mesures coercitives exigées par Malraux se voit brutalement congédié. L'Odéon, plus que lui, aura du mal à se remettre de ce mauvais coup. De nouveau à la recherche d'un lieu, Barrault loue une salle de catch, l'Élysée-Montmartre, où il monte Rabelais et Jarry sur la butte. En 1972, dans un coin de l'immense hall de la gare d'Orsay désaffectée, il plante un chapiteau pour créer la quatrième journée du Soulier de satin. Chapiteau qui lui donne l'idée d'adopter ce style pour le théâtre de bois qui promptement devient le Théâtre d'Orsay. Mais la gare doit devenir le musée du xixe siècle. Barrault y restera cependant jusqu'en 1981. La troupe, qui n'est plus constituée que de quelques fidèles, s'installe alors dans le palais de Glace qui devient le Théâtre du Rond-Point. La structure du Théâtre d'Orsay, conçue pour être démontable, est reconstituée à l'identique. Une seconde salle de dimension plus restreinte est édifiée en sous-sol, propice à la représentation d'œuvres intimistes et de petites formes. Dans la grande, d'un lieu à l'autre – Orsay et Rond-Point –, le même type d'activités se développe, peu différentes de celles de l'Odéon. Reprise des succès : une version longue du Soulier de satin ; L'Amante anglaise de Duras, mise en scène par Claude Régy ; un Zadig mis en scène par Barrault qui ne fera pas date, pas plus que Les Oiseaux d'après Aristophane. D'autres textes littéraires ou philosophiques sont adaptés : Ainsi parlait Zarathoustra, Les Nuits de Paris entre autres. Les dernières grandes créations sont Le Cid, mis en scène par Francis Huster, Angelo tyran de Padoue ; Madeleine Renaud fait applaudir Oh ! les beaux jours jusqu'à la limite de ses forces.
Au petit Marigny, Jean-Louis Barrault avait mis en scène et joué seul une pièce de Jean Vauthier, Le Personnage combattant. C'est ce qu'il fut toute sa vie.
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