La vie de cet écrivain du premier royaume bulgare reste pratiquement inconnue. On ignore son nom laïque et l'on discute encore sur le sens précis à donner au mot « exarque », qui accompagne régulièrement son nom religieux de Jean. Ce n'est qu'approximativement qu'on le situe dans le temps, sur la foi d'indications assez vagues recueillies dans son œuvre, par exemple lorsqu'il déclare qu'il a été incité à écrire par le moine Dox, oncle du tsar Siméon de Bulgarie qui régna de 893 à 927. Ses ouvrages fondamentaux sont Nebesa, « Les Cieux », et Chestodnev, « L'Œuvre des six jours » (de la Création). Le premier est la traduction en vieux bulgare de quarante-huit chapitres du Traité de la vraie foi de saint Jean Damascène, théologien du viiie siècle. Le second, dont le titre est le calque bulgare du grec Hexaêmeros, est fondé surtout sur l'Hexaméron de saint Basile, apologiste chrétien du ive siècle, mais l'auteur se réclame aussi d'autres autorités, notamment de celle d'Aristote. On doit également à Jean l'Exarque quelques sermons, dont les plus connus et les plus sûrement authentiques ont trait à de […]
