Jésuite dont on a retenu qu'il fut envoyé (en 1634) comme exorciste auprès des célèbres ursulines « possédées » de Loudun, mais dont l'importance tient avant tout à son expérience mystique et au fait qu'il fut un des grands spirituels du xviie siècle français.
« Pour porter des paroles d'amour de votre part, j'irai avec une trompette d'or, au milieu des places... » Jean Joseph Surin est parti en aventurier, en gentilhomme gascon, pour les régions inconnues de l'esprit ; mais, quand il parle ainsi, il est atteint depuis vingt ans par la « folie » qui le retient, paralysé, dans le « cachot » d'une infirmerie, au collège de Bordeaux. Il a été pris aux pièges du voyage. Il rêvait d'une bataille où se jeter à corps perdu, « ne trouvant rien de plus beau qu'un coup d'épée reçu au travers du corps, me faisant mourir », disait-il. Le coup lui est venu, mais plus traître, du fond de lui-même. Ce qu'il dit encore, il l'a appris de cette blessure même, bien après la hardiesse des premiers départs. S'il est « l'homme peut-être le plus mystique du xviie siècle » (Malley), c'est parce que d'Artagnan est devenu Job.
Sa correspondance révèle, […]
