Compositeur français et chef d'orchestre, « le représentant le plus pur de la musique de la Régence » (P. M. Masson), Mouret fut appelé « le musicien des Grâces » et allia en une heureuse synthèse les goûts italien et français. En outre, il peut être tenu pour le précurseur immédiat de Favart, fondateur de l'Opéra-Comique. Après ses études à Notre-Dame-des-Doms à Avignon, sa ville natale, il arrive à Paris en 1707, où il devient successivement surintendant de la musique de la duchesse du Maine à la cour de Sceaux (1709 env.-1736), chef d'orchestre de l'Académie royale de musique (Opéra, 1714-1718), principal animateur des Grandes Nuits de Sceaux (1714-1715), chantre à la Chambre du roi (1720), compositeur en titre et directeur de la musique à la nouvelle Comédie-Italienne (1716-1737), directeur artistique et directeur de la musique au Concert spirituel des Tuileries (1728-1734), où il succède à Anne Philidor. Peut-être est-ce en raison d'une exigence psychologique intérieure qu'il se dépensait ardemment en de telles activités ; quoi qu'il en soit, il perdit la raison et fut interné à Charenton, où il mourut.
Cette carrière éminemment brillante a fortement marqué la musique française de son époque. Mouret a traité tous les genres : musique symphonique, musique de chambre, musique d'église, musique de théâtre, musique de ballet, divertissements. Il participa à la création de deux genres nouveaux : l'opéra pastoral (Les Grâces, 1735) et le ballet d'action. Il est avec Destouches le précurseur de Rameau dans le genre comique (comédie lyrique chantée telle que Le Mariage de Ragonde, ou la Veillée de village, 1714). Il occupe une place de choix dans l'histoire de la symphonie française (cf. le ballet héroïque Les Amours des dieux, 1727, en raison de son instrumentation et de son orchestration ; de même, les deux suites, Fanfares pour les trompettes, violons, hautbois et timbales avec une suite de symphonies mêlées de cors de chasse, 1729). De ses œuvres pour le théâtre, on peut citer, notamment, les tragédies lyriques Ariane (1717) et Pirithoüs
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



