Juriste suisse dont les écrits et commentaires feront connaître à son concitoyen Rousseau le baron von Pufendorf et Jean de Barbeyrac. Pendant vingt ans, Burlamaqui enseigna le droit à l'université de Genève, sa ville natale, dont il fut membre du Conseil d'État. Il publia différents ouvrages, notamment Principes du droit naturel (1747) et Principes du droit politique (2 vol., 1751).
Comparé à Pufendorf, Burlamaqui est plus ordonné et raisonne avec plus de rigueur. Concevant, au départ, l'homme comme un « être doué d'organes, mais intelligent et moral », il fonde le comportement individuel sur le « sens moral », qui, à ses yeux, « n'est que le bon sens appliqué au jugement des actions humaines ». L'erreur et les comportements répréhensibles viennent de ce que parfois « nos rapports mutuels se compliquent [et de ce que] notre sensibilité se partage alors en plusieurs affections ». Aussi, pour l'individu qui raisonne en présence des faits, le devoir est-il une règle dictée par la raison. La liberté se présente alors comme une exigence coextensive à la rationalité et au devoir, qui en est la forme éthique : « L'unique et suffisante raison de tout devoir, c'e […]
