Comte, puis duc de Persigny. Victor Fialin s'engage à dix-sept ans dans l'armée et commence une carrière militaire, mais ses convictions républicaines le font mettre en congé en 1831. Converti au bonapartisme par la lecture du Mémorial de Sainte-Hélène, il devient le complice de Louis-Napoléon Bonaparte qu'il pousse à agir et aide dans ses divers complots. Il participe à la tentative de Strasbourg (1836), puis à celle de Boulogne (1840), est condamné par la Chambre des pairs à vingt ans de détention et emploie ses loisirs à un volumineux et déconcertant mémoire sur l'Utilité des pyramides d'Égypte (1844). Ami des mauvais jours de Louis-Napoléon, il le reste quand sa fortune se dessine ; il subventionne les forces bonapartistes et entre à la Législative. Ministre de l'Intérieur de 1852 à 1854 après la démission de Morny, sénateur en 1852, ambassadeur de France à Londres de 1855 à 1858 et de 1859 à 1860, il est de nouveau ministre de l'Intérieur de 1860 à 1863. Il reprend avec éclat les procédés de la candidature officielle, dénonce en particulier la candidature de Thiers qui incarne les anciens partis. Le demi-échec de ces élections le pousse à donner sa démission, mais Napoléon III le fait duc. Serviteur fidèle et parfois incommode, non dépourvu d'idées, Persigny représente avant tout les méthodes autoritaires que le réveil de l'opinion rendait de plus en plus difficiles à appliquer.
Pierre GUIRAL
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