Fils de François Hubert Drouais (1727-1775), dont les portraits d'enfants sont parmi les plus émouvants et les plus dignes témoignages de l'art du xviiie siècle, Jean Germain a une réputation sans commune mesure avec la minceur de son œuvre. Prix de Rome en 1784, il est l'élève préféré de David qui l'accompagnera à Rome en 1785 et le fera participer à l'élaboration des Horaces. Il passe surtout pour le plus doué des jeunes artistes de la génération de 1770, qui est celle de Gros, de Girodet et de Gérard. Sa disparition précoce à vingt-cinq ans a été considérée par les contemporains comme une décapitation de l'école française. Drouais désormais restera comme l'image du génie cruellement fauché et dont fut privé le destin du néo-classicisme.
Il est certes impossible et vain de vouloir reconstituer ce qu'auraient pu être le rôle et la carrière de Jean Germain Drouais, mais l'émotion soulevée par sa disparition n'est pas une légende, et l'on reste impressionné par l'unanimité des éloges et des regrets. On peut au moins essayer de comprendre ce que semblait apporter son œuvre. La Cananéenne aux pieds du Christ (1784, Louvre), qui lui valut […]
