Deux monuments parisiens — de notoriété inégale — ont livré le nom de Jean Chalgrin à la postérité : l'église Saint-Philippe-du-Roule et l'Arc de triomphe de l'Étoile. De ces œuvres, qui marquent respectivement le début et la fin de la carrière de l'architecte, la seconde, plus spectaculaire, est moins authentique : conçue dès 1806 pour commémorer les victoires de l'Empire, elle ne sera achevée que longtemps après la mort de Chalgrin, par deux architectes de la monarchie de Juillet, J. N. Huyot et G. A. Blouet (1837). Monument gigantesque aux formes initialement simples, cet arc s'apparentait aux projets idéaux de certains architectes néo-classiques. C'est cet effet de grandeur et de simplicité que Chalgrin s'était déjà efforcé de traduire, avec des moyens modestes, dans l'église Saint-Philippe-du-Roule (1768-1784). Le plan basilical, repris alors pour la première fois en France avec une exactitude archéologique qui devait en faire un modèle, s'y exprime par un vaisseau continu couvert d'un berceau à caissons reposant sur deux rangs de colonnes. La façade, précédée par une colonnade d'ordre dorique, annonce par sa structure simple l'espace unitaire de cet édifice si opposé à la […]
