La réputation et le génie de David ont précipité dans des ténèbres, à peine dissipées aujourd'hui par la curiosité des historiens d'art, plusieurs peintres français, relevant du néo-classicisme ; Peyron est l'un d'eux. « Il m'a ouvert les yeux », devait pourtant dire David de celui qui, en 1773, obtint contre lui le prix de Rome et put passer pour un des grands maîtres de la nouvelle école, de celui avec lequel on ne cessera de le comparer et de l'opposer, d'autant plus que leurs sujets furent souvent les mêmes et, qui plus est, exposés aux mêmes Salons. Il faut ajouter pour souligner la différence qui existe entre les deux peintres, que la Révolution ne fut pas favorable à Peyron qui y perdit ses protecteurs et son poste d'inspecteur des Gobelins ; il reste en fait, malgré quelques commandes officielles, à l'écart de la vie artistique. La conjoncture politique aida, peut-être trop brutalement, à rétablir la hiérarchie des talents, autant qu'elle favorisa les davidiens. Si, par rapport à David, l'antériorité de Peyron dans les voies du retour à l'antique n'est pas niable, il est plus intéressant pour nous de comprendre ce qui lui reste propre et l'éloigne de l'art de son rival : […]
