Né à Nancy d'une famille noble mais pauvre et sans illustration, Saint-Lambert ne prendra le titre de marquis qu'à l'époque de ses succès littéraires. Il est élevé par les jésuites, dont il a très bien défini la tolérance un peu mondaine :
Apôtres pleins d'urbanités,
Aux charmes touchants du bréviaire
Vous entremêlez prudemment
Et du Virgile et du Voltaire.
Après ses études, il vit à la cour de Lunéville où il connaît Voltaire et la marquise du Châtelet. La belle Émilie se prend pour lui d'un amour passionné. On dit qu'il était assez beau — et beaucoup plus jeune qu'elle. Mais cette liaison finit tragiquement, car Mme du Châtelet expire en donnant le jour à l'enfant de Saint-Lambert (1749). Voltaire, cruellement atteint, est sans rancune et se constitue même le protecteur de Saint-Lambert. Celui-ci se rend alors à Paris, il voit Mme d'Houdetot, belle-sœur de Mme d'Épinay, et contracte avec elle une liaison qui durera jusqu'à sa mort. Après une brève carrière militaire, il se consacre exclusivement aux lettres. Il est lié aux encyclopédistes, fréquente Diderot, Duclos, d'Holbach, Grimm, Mme< […]
