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SAINT-LAMBERT JEAN-FRANÇOIS DE (1716-1803)

Né à Nancy d'une famille noble mais pauvre et sans illustration, Saint-Lambert ne prendra le titre de marquis qu'à l'époque de ses succès littéraires. Il est élevé par les jésuites, dont il a très bien défini la tolérance un peu mondaine :

  Apôtres pleins d'urbanités,
  Aux charmes touchants du bréviaire
  Vous entremêlez prudemment
  Et du Virgile et du Voltaire.

Après ses études, il vit à la cour de Lunéville où il connaît Voltaire et la marquise du Châtelet. La belle Émilie se prend pour lui d'un amour passionné. On dit qu'il était assez beau — et beaucoup plus jeune qu'elle. Mais cette liaison finit tragiquement, car Mme du Châtelet expire en donnant le jour à l'enfant de Saint-Lambert (1749). Voltaire, cruellement atteint, est sans rancune et se constitue même le protecteur de Saint-Lambert. Celui-ci se rend alors à Paris, il voit Mme d'Houdetot, belle-sœur de Mme d'Épinay, et contracte avec elle une liaison qui durera jusqu'à sa mort. Après une brève carrière militaire, il se consacre exclusivement aux lettres. Il est lié aux encyclopédistes, fréquente Diderot, Duclos, d'Holbach, Grimm, Mme d'Épinay. Rousseau parle de lui dans les Confessions lorsqu'il raconte (liv. IX) comment il s'éprit lui-même de Mme d'Houdetot, amante de Saint-Lambert, et rend hommage à l'attitude de ce dernier : « Pour Saint-Lambert, il se conduisit en honnête homme et judicieux. »

En 1764, il écrit deux charmantes poésies, Le Matin et Le Soir, mais c'est surtout son poème Les Saisons (1769) qui lui vaut le succès et l'entrée à l'Académie française (1770). Cette œuvre, imitée d'un poème anglais de Thomson (1700-1748), suscita un grand enthousiasme. C'est un poème descriptif et didactique. Voltaire écrit à propos des Saisons (1773) : « Soyez persuadé que c'est le seul ouvrage de notre siècle qui passera à la postérité. » Grimm et Diderot ont des opinions plus mitigées. Grimm reproche à cette poésie philosophique et scientifique son aridité. Pendant la Révolution, Saint-Lambert se retire à Eaubonne, auprès de Mme d'Houdetot. Marmontel l'avait surnommé : « le Sage d'Eaubonne ».

Denise BRAHIMI

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Écrit par :  Édouard GUITTON

Dans le chapitre "Imitation et invention"  : …  un relayeur plus doué que les autres, un représentant de la troisième vague. La première, celle de *Saint-Lambert et de Marmontel, produisait déjà à l'heure de la naissance de Chénier (1760-1770). La deuxième, celle de Lemierre et de Roucher, a donné son maximum en 1780. Il arrive au moment de la relance nécessaire : le programme développé dans Lire la suite

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