En dix journées de février 1968, Jean-Claude Killy est passé du statut de champion de ski à celui de héros olympique d'une France sportive qui se reconnaissait alors plus dans les courageuses défaites d'un Raymond Poulidor que dans les victoires planifiées d'un Jacques Anquetil. Le triple succès de Killy lors des jeux Olympiques de Grenoble reste un élément qui va permettre au mouvement olympique français de jeter les bases de nombreuses victoires futures.
En outre, Jean-Claude Killy fut le premier champion français qui ait réussi à faire fructifier sa notoriété sportive pour se muer en homme d'affaires. Il sut aussi bien exporter son image aux États-Unis, où il devint « King Killy », que transformer une fabrique de pantalons de ski en difficulté, employant quatre cents ouvrières, pour en faire une entreprise florissante. Autre succès : il porta à bout de bras la candidature d'Albertville à l'organisation des jeux Olympiques d'hiver de 1992. Un moment président de la Société du Tour de France au sein du groupe Amaury, Jean-Claude Killy siège au Comité international olympique depuis 1995.
1. Les jeux Olympiques de Grenoble
Jean-Claude Killy naît le 30 août 1943 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Sa famille déménage et s'installe à Val-d'Isère (Savoie), où il apprend le ski. Téméraire, fou de vitesse, il connaît rapidement le succès et intègre l'équipe de France de ski. En 1966, aux Championnats du monde de Portillo (Chili), il participe à la razzia française (16 médailles sur 24 possibles) en remportant la descente et le combiné. La Coupe du monde de ski alpin voit le jour en 1967 : Killy s'adjuge cette première édition – en gagnant vingt-cinq courses sur les trente-six dont il prend le départ –, comme il sera le lauréat de la suivante.
Sûr de son talent, il n'hésite pas à afficher ses ambitions olympiques pour les Jeux de Grenoble, en 1968 : remporter les trois médailles d'or du ski alpin, comme l'Autrichien Toni Sailer en 1956 à Cortina d'Ampezzo. Ses multiples déclarations, qui pe […]
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