Révélé par De bruit et de fureur, qui dès 1988 faisait surgir à l'écran la violence des cités de banlieue, le cinéaste Jean-Claude Brisseau reçut alors l'étiquette de champion du réalisme français. Le succès de Noce blanche (1989), porté par la composition naturaliste de la jeune chanteuse Vanessa Paradis dans son tout premier rôle, ne dissipa pas ce malentendu, qui semble désormais vouer Jean-Claude Brisseau à une certaine incompréhension de son projet, un des moins typiques du cinéma français, et sans doute un des plus risqués.
Professeur de français (dans un collège d'Aubervilliers où il était encore en poste lorsqu'il tourna son premier long-métrage pour le cinéma, Un jeu brutal, en 1983), Jean-Claude Brisseau s'est formé par la pratique du Super 8 et du 16 millimètres, se vouant, en une sorte d'artisanat solitaire, à explorer tous les aspects de la création cinématographique – technique, écriture, et naturellement mise en scène –, avec une curiosité de cinéphile qui l'invitait à aller puiser son enseignement dans les grands films du passé. Le cadre est donné : l'œuvre de Brisseau, où s'exprime le désir de prolonger le dialogue avec les maît […]
