3. Le moraliste
Comme tous ses contemporains, Jean Chrysostome associe étroitement la connaissance et l'action. Pour lui également, l'accession à la contemplation nécessite la purification de l'esprit et des sens. Mais son originalité réside dans l'aspect spécifiquement communautaire de cette ascèse : le propre du chrétien est le service des autres. Chacun de ses thèmes familiers : pauvreté, communauté des biens, mariage, lutte contre l'esclavage, travail, est agressif car ses principes moraux mettent en cause les fondements mêmes de la société. C'est pourquoi la postérité a surtout été frappée par cet aspect révolutionnaire de sa pensée. Pourtant, son message le plus exigeant, et pour ainsi dire son testament spirituel, se trouve dans son commentaire de saint Paul aux Corinthiens : « Toi, le pur, ne vaudrait-il pas mieux devenir moins vigoureux, mais gagner les autres, que de rester sur tes sommets à contempler avec indifférence tes frères qui se perdent ? » (In I Cor., homélie VI, iv).
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