Né le 24 août 1905 à Pont-Saint-Esprit, l'historien Jean Bruhat est mort à Paris le 11 février 1983. Pendant ses dernières années, il avait montré devant la maladie non seulement un grand courage, mais une grande vitalité : à la veille de sa disparition, il signait le service de presse d'un volume de souvenirs, Il n'est jamais trop tard et, désireux de collaborer à l'édition en vingt volumes des Œuvres de Jaurès, il avait accepté la responsabilité du volume consacré à L'Armée nouvelle et aux problèmes militaires. La retraite avait été pour lui l'occasion d'intensifier ses activités et de réfléchir à sa vie.
Peut-on, à propos de cette vie, parler d'une « carrière » ? Au sens universitaire, et donc professionnel du mot, on peut en douter. Et davantage encore, peut-être, s'agissant du militantisme qui fut sa deuxième vie : la même en réalité. Mais le mot carrière avait-il un sens pour Bruhat ? Il s'était investi dans sa — dans ses — vocation(s) et non dans une quelconque ascension vers un quelconque pouvoir. Un bref rappel des principaux moments de sa vie rend perceptible cette vérité et lui donne son plein sens.
D'une certaine manière, l'entr […]
