« Qu'emporterai-je dans mon dernier voyage ? Peut être l'éclat des pleines lunes, où, couché dans le fossé, j'attendais le parachutage des résistants ? [...] J'emporterai des sourires d'enfants quittant l'hôpital au bras de leur mère [...]. Et puis j'emporterai cette campagne du jardin du Luxembourg où sont mes souvenirs d'enfance, d'adolescence et mes souvenirs d'aujourd'hui. » En nous quittant, le 17 avril 2006, Jean Bernard nous conduit au jardin du Luxembourg, à Paris, « le centre du quadrilatère de la civilisation » : c'est là qu'il est devenu un grand médecin, un grand résistant, un grand voyageur, un moraliste, un poète et un écrivain.
Ayant choisi la carrière médicale après beaucoup d'hésitations (« un médecin moyen peut rendre plus de services qu'un écrivain médiocre ») et l'hématologie par hasard, il deviendra le symbole de la renaissance de la médecine française après la Seconde Guerre mondiale. Cette renaissance, il l'a préparée au cercle d'études clinique et biologique réuni mensuellement à l'hôpital Necker, club des Treize qui permettait de s'exprimer plus librement que dans les académies ou les sociétés savantes, et au comité des sages, voulu par le général […]
