Disciple de Martines de Pasqually et lui-même personnage important dans l'histoire de la maçonnerie. Lyonnais, issu de famille franc-comtoise, Jean-Baptiste Willermoz exerce le métier de soyeux ; vite installé à son compte, il dirige une affaire prospère. Dès l'âge de vingt ans, il se passionne pour la franc-maçonnerie. En 1753, Willermoz fonde la loge de la Parfaite Amitié, puis joue en 1760 un grand rôle dans la formation de la grande loge des Maîtres réguliers de Lyon, dont il devient le grand maître. Avec son frère Pierre-Jacques, médecin influencé personnellement par l'alchimiste dom Pernety, il fonde en 1763 le chapitre rosicrucien des chevaliers de l'Aigle noir Rose-Croix. C'est Bacon de La Chevalerie qui le met en rapport avec Martines de Pasqually, à Versailles (1767), où il reçoit l'initiation aux premiers degrés de l'ordre des Élus-Cohens. La même année, il représente Martines à la province de Lyon. Initié Rose-Croix en 1768, Willermoz va se lier d'amitié avec un autre élu-cohen, Louis Claude de Saint-Martin, avec lequel il entretient une active correspondance à partir de 1771. Saint-Martin vient le voir à Lyon en 1773 — c'est entre les deux hommes la première rencontre — et demeure chez lui pendant plus d'une année. Fortement impressionné, de même que Saint-Martin, par l'enseignement théosophique et théurgique de Martines, Willermoz va consacrer sa vie au martinésisme. Sur le plan théurgique, il lui faudra attendre de nombreuses années avant d'obtenir des manifestations de l'invisible ; de plus, il se voit dans l'obligation, après 1769, de contribuer à pensionner Martines. Mais il restera toujours attaché à son maître, même après la mort de celui-ci.
Quand Martines quitte la France pour se rendre à Saint-Domingue (6 mai 1772), les cohens lyonnais, un peu désemparés, se réunissent fréquemment pour s'entretenir de l'enseignement qui leur a été prodigué, pour l'approfondir et en éclaircir certains points obscurs. Willermoz a ainsi laissé un volumineux cahier manuscrit : Instruct […]
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