2. Influence sur la pensée économique
Les commentateurs de Say adoptent des attitudes très divergentes à son égard, E. Teilhac, par exemple, en fait le fondateur génial de l'« économie sociale » moderne. D'autres ont réduit son rôle à celui d'un disciple un peu effacé de Smith, dont il aurait seulement diffusé les idées. En réalité, Say tient une place intermédiaire entre ces deux positions extrêmes. C'est un libéral, certes, en économie, mais il fut l'initiateur de l'école française, plus optimiste et plus idéologique aussi, en définitive, malgré ses apports concrets, que les classiques anglais. Son influence se manifeste chez Frédéric Bastiat, Pellegrino Rossi, Adolphe Blanqui, et aussi chez Michel Chevalier et Henri Baudrillart. Comme industrialiste et productiviste, ses idées ont dépassé les limites de l'école libérale. On a souvent remarqué que Saint-Simon et Proudhon (qui qualifie Say d'« homme de génie ») lui doivent beaucoup. Aux États-Unis, ses ouvrages eurent de nombreuses éditions. C. Carey défend son productivisme. En Italie, Francesco Ferrara prend des positions analogues à celles de Say, comme le fait Stanley Jevons en Angleterre. C'est en se référant surtout à la pensée de Say que Jevons écrit : « La vérité est avec l'École française, et plus tôt nous le reconnaîtrons, mieux cela vaudra. »
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