2. Une œuvre lyrique
L'essentiel de l'œuvre de Pergolèse est néanmoins vocal. Parmi ses grands opéras, il faut citer Il Prigionier superbo (1733) contenant le fameux intermezzo, La Serva Padrona (La Servante maîtresse), Adriano in Siria (1736) – l'intermezzo Livietta e Tracollo en fait partie, plus connu sous le titre ultérieur de La Contadina astuta – et surtout L'Olimpiade (1735), qui n'a pas dû faire l'unanimité lors de sa présentation, car si le président De Brosses parle des « applaudissements que lui attira l'excellent opéra L'Olimpiade », André Grétry parle de tomates lancées au compositeur. Cela se comprend fort bien, car cette œuvre occupe une place unique dans l'art lyrique du xviiie siècle : Pergolèse y a réussi, probablement en vertu des contraintes imposées par une distribution de second plan, des mélodies d'une simplicité et d'une vérité évoquant le lied et les plus belles inspirations de Mozart, ce qui devait désorienter les spectateurs habituels de l'opera seria de son époque.
Les comédies musicales et les nombreuses arias sont moins importantes ; il faut retenir pourtant Lo Frate 'nnamorato (1732), dont le succès justifia plusieurs arrangements successifs du compositeur.
En musique sacrée, les deux grandes messes (en ré et en fa), les psaumes des vêpres mentionnées plus haut, un admirable Laudate pueri, qui date probablement de la fin de sa vie, comme l'un des motets à la Vierge, Salve Regina, comptent parmi les chefs-d'œuvre de la musique d'église concertante à l'orée de l'ère classique. Les qualités éminentes de ces œuvres se trouvent concentrées dans le célèbre Stabat Mater en fa mineur pour deux voix de femmes, orchestre à cordes et orgue : une extraordinaire perfection formelle de la ligne mélodique au service d'un sentiment particulièrement intense, toujours inspiré par le texte, et qui n'est pas sans rappeler la spiritualité la plus « humaine » du Moyen Âge, symbolisée par les écrits de Bernard de Clairvaux.
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