Il est de ces artistes dont l'importance se mesure peut-être mieux à leur rôle administratif qu'à leur œuvre proprement dite. Jean-Baptiste Marie Pierre vécut jusqu'en 1789, mais sa carrière de peintre se termine pratiquement en 1770, quand il succède à François Boucher comme premier peintre, à la mort de l'artiste. Autant son prédécesseur était peu porté à s'inquiéter du « détail des arts », autant Pierre y attacha de zèle, se faisant l'interprète docile, mais avisé, du comte d'Angiviller.
C'est ainsi que le triomphe du mouvement néo-classique se fit sous la direction d'un artiste qui lui-même avait donné plus d'un gage au goût rococo durant sa carrière de peintre. Les petits tableaux à sujets rustiques qu'il exécute dans les années 1735-1740 ne sont pas bien éloignés des paysages de Boucher. Il est vrai pourtant que Pierre, dans les sujets qui le requièrent, manifeste une fidélité au style noble et un respect des grands modèles bien différents de la désinvolture de Boucher. Le plafond de l'Assomption, ou Triomphe de la Vierge qu'il peint en 1756 à l'église Saint-Roch (chapelle de la Vierge), malgré les restaurations qu'il a subies, montre la science de Pierre da […]
