Issu d'une famille de la petite noblesse du Toulousain, Villèle sert comme officier dans la marine royale et se trouve en 1794 à l'île Bourbon, où il acquiert une plantation et où il se marie. Il rentre en France en 1807 pour administrer le domaine familial de Morvilles en Lauraguais et devient conseiller du département de Haute-Garonne, en dépit de son aversion pour le régime impérial. Il accueille avec joie la Restauration, et en juillet 1815 il est nommé maire de Toulouse, puis élu député à la Chambre introuvable. Il s'y affirme comme un tacticien politique redoutable et comme homme d'affaires et fait figure de chef du groupe ultra-royaliste opposé aux ministères de Richelieu et de Decazes. Ministre sans portefeuille dans le second ministère Richelieu en décembre 1820, il le quitte en juillet 1821. Il revient au pouvoir avec le portefeuille des Finances dans le ministère royaliste « pur » constitué en décembre 1821 avec l'appui du comte d'Artois ; puis il est élevé à la présidence du Conseil le 4 septembre 1822. D'apparence physique peu avantageuse, d'une culture générale médiocre, mais d'une grande puissance de travail, Villèle ne manque pas cependant d'une intelligence prat […]
