Né pendant la Première Guerre mondiale, admis à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1938, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, alors que la France était entrée en “décadence”, Jean-Baptiste Duroselle fut profondément marqué par ces deux conflits mondiaux. Son pays, sorti du premier affrontement avec les titres de “vainqueur” et de “première puissance militaire en Europe”, était laissé par le second, battu, divisé, meurtri, aux bords de l'“abîme”. Il ne fait point de doute que l'attirance du savant pour l'histoire contemporaine de la France et des relations internationales puisait ses origines dans sa propre vie, même s'il évoquait volontiers le “hasard” pour expliquer son cheminement professionnel et scientifique.
Reçu premier à l'agrégation d'histoire et de géographie en 1943, actif organisateur de rencontres d'étudiants, il s'était d'abord tourné vers l'histoire du catholicisme français au xixe siècle en préparant sa thèse de doctorat d'État sur Les Débuts du catholicisme social en France, 1822-1870. Mais, avant même de l'avoir soutenue en 1949, dès 1945 le voici assistant à la Sorbonne à la demande de Pierre Renouvin. Désorma […]
