2. Rome et les jardins
L'Empire de Rome fondit en un art nouveau du jardin ces différentes tendances, ces éléments épars dans le monde antique. Cet art peut être baptisé, en latin, du nom d'ars topiaria, que l'on traduirait par « art du paysage » ; le jardin de plaisance, à Rome, est en effet appelé à créer des lieux privilégiés, des compositions formées d'éléments architecturaux et naturels, destinés au plaisir des hommes. L'ars topiaria naquit dans la seconde moitié du iie siècle avant J.-C., après les contacts de Rome avec l'Asie hellénistique. L'exemple des paradis perses fut décisif (il y eut, dès l'origine, à Rome, des parcs de chasse), mais les Romains ne se bornèrent pas à les copier. Ils adoptèrent aussi dans leurs parcs de plaisance des édifices qui, en Grèce, accompagnaient les jardins sacrés, par exemple les « palestres » (où s'exerçaient les éphèbes), ou les portiques de promenade construits le long des ensembles funéraires (comme à l'académie d'Athènes) ou des lieux de culte.
Dès le début du ier siècle avant J.-C., on voit ainsi, à Pompéi, une véritable villa de plaisance, comme la maison du Faune, développer deux promenoirs péristyles (entourés entièrement de colonnes), sur lesquels s'ouvre un grand salon. Le jardin est, d'ores et déjà, destiné à servir de cadre à la vie quotidienne. À l'imitation de maisons comme celle du Faune, les architectes imaginent de prolonger la demeure traditionnelle par des « péristyles » plantés de fleurs et d'arbustes, ou, si leurs dimensions le permettent, d'arbres fruitiers, de cyprès, de platanes, etc. Ainsi naît la maison campanienne, que les fouilles de Pompéi ont rendue familière, et dont les modèles plus vastes ont été dégagés sur les hauteurs de Stabies, à quelque distance de la ville enfouie. Peu à peu apparaît un type nouveau d'architecture, où le jardin a sa place, qui est essentielle : les pièces d'habitation qui, dans la maison grecque, donnaient sur des cours dallées, sont ici disposées de telle sorte que chacun […]
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