1. Les ressorts de la croissance japonaise
De la période de décollage dans la seconde moitié du xixe siècle au début du xxie siècle, le Japon a traversé des phases distinctes de croissance, jouant d'abord sur la flexibilité des moteurs internes et externes de la demande, en misant par la suite de plus en plus sur les exportations.
• Du décollage économique au chaos de la Seconde Guerre mondiale (1868-1945)
Lorsque la première administration Meiji prend les rênes du pouvoir, la population atteint environ 35 millions d'habitants. La vie économique est dominée par le poids du secteur primaire (82 p. 100 de paysans) et aucune industrie moderne n'existe encore. Le niveau de vie est bas, avec un P.N.B. de 235 dollars (dollar 1965) par habitant en 1875. Néanmoins, l'héritage de l'époque Tokugawa (1603-1868) est loin d'être négligeable : État centralisé, expansion du commerce interrégional, infrastructures routières développées, embryon de système financier et de système éducatif, techniques agricoles relativement avancées...
Le démantèlement de l'ordre féodal
Les dirigeants Meiji commencent par démanteler l'ordre féodal, en abolissant la noblesse et en fondant la promotion sociale sur le mérite et non sur l'hérédité. Un système proche des monarchies constitutionnelles européennes se met en place. La construction d'une nation japonaise forte, économiquement et militairement, indépendante des puissances occidentales, constitue la priorité absolue des gouvernants. Dès lors, la mise en place d'un appareil industriel complet s'impose, mais celle-ci nécessite l'accès à une abondante masse de capitaux.
Confronté à l'impossibilité pour le secteur privé de rassembler les capitaux nécessaires à l'édification d'infrastructures industrielles lourdes, l'État agit sur plusieurs fronts : d'une part, il importe des technologies étrangères pour améliorer les rendements agricoles (semences) et ceux de l'industrie légèr […]
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