Au cours d'un développement d'une vingtaine de siècles, le droit japonais a connu bien des transformations spontanées ou suscitées par des influences extérieures. Jusqu'au milieu du xixe siècle, ces influences venaient principalement des civilisations indienne et chinoise, et, pendant des milliers d'années, le droit japonais a évolué sous l'empire exclusif de la civilisation orientale. On entend ici par ce terme un ensemble englobant les civilisations indienne, chinoise et japonaise, même si, à vrai dire, la notion d'Orient est fort imprécise et ne correspond à aucune civilisation unifiée, comme ce fut le cas en Occident.
Depuis le milieu du siècle passé à peine, le droit japonais a commencé à subir l'influence décisive de l'Europe. Forcé d'abandonner sa politique singulière du sakoku (« fermeture du pays »), le Japon dut s'adapter rapidement aux réalités politiques extérieures. Pour rivaliser avec les puissances occidentales entrées en relations avec lui après l'ouverture du pays en 1854, il dut moderniser son organisation politique et sociale et, pour ce faire, s'inspirer largement des pays occidentaux. C'est ainsi qu'il réforma son système juridique, dès le début de l'époque de Meiji (1868), suivant l'exemple des droits anglais, français et allemand.
La structure du droit japonais est donc, pour l'essentiel, identique à celle des droits occidentaux. Mais le mécanisme juridique est mis en action par des hommes dont la mentalité est déterminée par les conditions culturelles de leur pays propre. Aussi le droit japonais, tout en se rapprochant des droits européens par sa structure, s'en distingue sensiblement par sa fonction.
Sur le plan institutionnel, le Japon a recouvré son indépendance le 8 septembre 1951, date de la signature à San Francisco du traité de paix qui mettait fin à six années d'occupation américaine. Plus d'un demi-siècle plus tard, il se caractérise toujours, sur le plan politique, par une remarquable stabilité : stabilité interne, qu'atteste la reconduction […]
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