7. L'émergence de la nouvelle vague
À la fin des années 1950 et dans les années 1960, alors que les films de Kurosawa (Les Sept Samouraïs [Shichinin no samurai], 1954 ; Le Château de l'araignée [Kumonosu-jo], 1957), de Kobayashi (la trilogie intitulée La Condition de l'homme [Ningen no joken], 1959-1961), d'Ichikawa (Le Train bondé [Man'in densha], 1957 ; Feux dans la plaine [Nobi], 1959), de Toyoda Shiro (Pays de neige [Yukigunide], 1957) sont appréciés, que Mizoguchi a disparu (en 1956, après Le Héros sacrilège [Shin Heike monogatari] et La Rue de la honte [Akasen chitai]), qu'Ozu réalise ses derniers films (il meurt en 1963, après avoir réalisé Le Goût du saké [Samma no aji]), les « jeunes gens en colère » s'appellent Ōshima Nagisa (Contes cruels de la jeunesse [Seishun zankoku monogatari], 1960 ; Nuit et brouillard du Japon [Nihon no yoru to kiri], 1960 ; La Pendaison [Koshikei], 1968), Yoshida Yoshishige (Histoire écrite de l'eau [Mizu de kakareta monogatari], 1965 ; Éros + massacre [Eros + gyakusatsu], 1969), Shinoda Masahiro (Double Suicide à Amijima [Shinju ten no Amijima], 1969), Imamura Shohei (Cochons et cuirassés [Buta to gunkan], 1961 ; Désir meurtrier [Akai satsui], 1964), Hani Susumu (Elle et lui [Hanojo to kare], 1963). Réalisant leurs premiers films alors que d'autres « nouvelles vagues » surgissent dans le monde, ils ont souvent fait leurs débuts dans les grandes sociétés, se voyant confier des films de genre qu'ils transformaient en des œuvres plus personnelles. Obligés de couper le lien ombilical, ils choisirent de devenir indépendants, pour traiter des sujets que les structures précédentes ne pouvaient permettre, parfois même des sujets que la société japonaise entière pouvait difficilement accepter sans remettre en question ses assises.
Les années 1960 voient ainsi se développer un cinéma japonais à deux vitesses : l'un est indépen […]
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