4. Les dépendances face au militarisme
Après la crise qui frappe le monde en 1929, la dynamique militariste mise en place dès les années 1920 trouve son terrain d'élection en 1932 avec l'invasion de la Mandchourie et en 1937 avec la guerre sino-japonaise. Au service des grandes sociétés qui dominent déjà le cinéma (Shōchiku, Nikkatsu, Tōhō), Itami Mansaku (Kakita Akanishi, 1936, et La Nouvelle Terre [Atarashiki tsuchi], coréalisé avec le docteur Arnold Fanck, 1937), Uchida Tomu (La Terre [Tsuchi], 1939), Tasaka Tomotaka (Cinq Éclaireurs [Gonin no sekkōhei], 1938) doivent parfois faire des compromis par rapport aux œuvres de leurs débuts, pour répondre à la demande des gouvernants. Dès 1940, une loi du cinéma met très clairement en coupe réglée le septième art, dans sa production comme dans sa distribution. Le film de guerre, nouveau genre obligé, fait son apparition, pour traiter de la lutte contre un ennemi qu'on ne voit jamais, contribuer à l'esprit d'un effort de guerre et rééduquer les pays occupés. Certains cinéastes collaborent, d'autres se réfugient dans le film historique, parfois le film d'art. Abe Yutaka (Ciel enflammé [Moyuru Ozora], 1940), Yamamoto Kajirō (La Guerre sur mer de Hawaii à la Malaisie [Hawai-Marei Oki Kaisen, sorte de documentaire dramatisé], 1942 ; précisons que Yamamoto sera le mentor de Kurosawa) sont par contre les metteurs en scène mis en vedette, réalisant des films parfois ultranationalistes, et qui, après l'encadrement militariste, vont connaître l'occupation américaine.
La guerre du Pacifique s'achève en 1945. Après le drame de Hiroshima, le Japon impérial se voit contraint à la reddition.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



