Jany Holt, de son vrai nom Ekaterina Rouxandra Olt, naît à Bucarest le 13 août 1909. À dix-sept ans, elle débarque à Paris pour vivre sa passion, le théâtre – auprès de Charles Dullin. Sa persévérance touche Raimu. Elle apparaît à son côté dans Ces Messieurs de la Santé (Paul Armont, 1931). Harry Baur l'avait distinguée parmi les ombres du ghetto de Prague, quand Julien Duvivier ressuscitait la légende du Golem (1936). Son intervention décide Abel Gance à lui confier, la même année, le personnage de la capricieuse Giulietta, dans Un grand amour de Beethoven.
Corps frêle et nerveux, visage émacié où brûlent deux yeux noirs tirés vers les tempes, elle affirme que l'actrice de cinéma n'est qu'une création du metteur en scène et de l'opérateur. Elle tourne ce qu'on lui propose, même si le cinéma s'égare en lui imposant des rôles d'épouse brimée (Courrier Sud, Pierre Billon, 1936 ; Troïka sur la piste blanche, Jean Dréville, 1937), ou de garce féroce (Le Domino vert, Henri Decoin, 1936). Elle émerge des taudis (Les Bas-Fonds, Jean Renoir, 1936), s'exalte jusqu'au crime (La Tragédie impériale, Marcel L'Herbi […]
