4. Un art poétique
La théorie poétique d'Arany, développée dans des essais et dans L'Art poétique de Vojtina (Vojtina ars poétikája), est fortement influencée par Schiller : l'idéal doit être l'objet d'une poésie « empreinte de réel » qui « accepte le temporel, l'accidentel, le particulier, notamment le caractère national, populaire, voire individuel [...], comme des formes par lesquelles elle se manifeste », mais sans que « du dehors la res glisse au-dedans » ; ce paradoxe de la vérité exprimée par le mensonge exclut et l'abstraction et le naturalisme.
L'idéal, selon lui, doit se réaliser sous une forme de tendance « nationale paysanne » : à partir des richesses de l'esprit et du langage populaires, élaborer un art qui soit l'expression de la vie nationale ; épurer les passions romantiques à la lumière de la psychologie réaliste, telles étaient les grandes lignes de son esthétique, qu'il voulait classique. La complexité de ses desseins trouve son accomplissement dans l'imagerie et le style qui offrent l'un et l'autre les aspects les plus admirables de son œuvre tout en la rendant presque intraduisible.
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