Deux phases marquent la carrière politique de Jânio Quadros : d'abord, la période 1947-1961, qui commença par ses mandats municipaux successifs à São Paulo et se termina par sa fracassante renonciation à ses fonctions de président de la République au mois d'août 1961 ; puis, les années 1985-1992, pendant lesquelles il fut élu, pour la seconde fois, maire de São Paulo. Entre ces deux phases, le Brésil subit, pendant deux décennies, une dictature militaire dont l'instauration fut largement facilitée par la crise politique et institutionnelle engendrée par la brusque interruption de la présidence Quadros en 1961.
En 1947, pour la première fois, il accéda au poste de conseiller municipal de São Paulo. Auprès de l'électorat des faubourgs plus pauvres, Quadros déclencha la campagne du « sou contre le million » (o tostão contra o milhão), se présentant comme le candidat des défavorisés abandonnés par les grands partis. Quelques années plus tard, il obtint l'appui d'un front de petits partis et parvint à se faire élire maire de la ville en 1953.
Doté d'un réel charisme, Quadros apparaissait comme un des leaders du renouveau politique brésilien. Aux élections de 1954, il poursuivit son ascension et remporta le poste de gouverneur de l'État de São Paulo. On considérait alors que Quadros, à la tête du plus puissant État de la fédération, était en bonne position pour succéder à Juscelino Kubitschek à la présidence de la République. Mais, déjà, l'individualisme forcené et le discours démagogique — fondé sur des promesses électorales irréalistes — devenaient les principales caractéristiques du gouverneur de São Paulo. Sachant que sa candidature à la présidence l'obligeait à chercher l'appui d'un grand parti, Jânio Quadros obtint l'investiture de l'Union démocratique nationale (U.D.N.), rassemblement conservateur des classes moyennes. Vainqueur de l'élection de 1960, il fut le premier chef d'État à exercer ses fonctions à Brasília, la nouvelle capitale fédérale. Loin de l'opinion publique et de la presse d […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…




