Peintre de genre par excellence, Jan Steen est le fils d'un brasseur hollandais. Né à Leyde, et successivement élève de Nicolas Knupfer à Utrecht, d'Adriaen van Ostade à Haarlem et de Jan van Goyen à La Haye, il assimilera toutes ces influences. En 1648, il est l'un des fondateurs de la guilde de Leyde et il reviendra mourir dans cette ville après une existence mouvementée. Tour à tour brasseur, aubergiste ou peintre, suivant les villes qu'il habite et les difficultés qu'il rencontre, il semble pourtant avoir été moins débauché que sa peinture et sa légende ne le laissent supposer.
Son œuvre — quelque sept cents tableaux — ne se résume pas aux bambochades en petit format dont il fut un brillant narrateur. Ses peintures de jeunesse révèlent un paysagiste influencé par son beau-père Van Goyen, avec des personnages nombreux dans la manière des Ostade (La Partie de quilles
, National Gallery, Londres). Les personnages seront par la suite plus individualisés, comme dans la Joyeuse Compagnie (Mauritshuis, La Haye), où l'artiste se met en scène avec sa famille, joyeux rassemblement d'enfants, de parents et de grands-parents auxquels se mêlent les animaux domestiques dans une chaude atmosphère au coloris lumineux et à la composition harmonieusement équilibrée
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La Partie de quilles, J. Steen Jan STEEN, La Partie de quilles, huile sur panneau de chêne. National Gallery, Londres.
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La Leçon de danse du chat, J. Steen Jan Steen, La Leçon de danse du chat. 1665-1668. Huile sur toile. 68,5 cm x 59 cm. Rijksmuseum, Amsterdam, Pays-Bas.
Crédits: Rijksmuseum, Amsterdam, Pays-Bas Consulter
Son regard plein d'humour, parfois ironique, qui l'a fait comparer à la vision caricaturale de Hogarth, s'enchante des petits drames familiaux (La Fête de saint Nicolas, Rijksmuseum, Amsterdam) autant que des libations qui dégénèrent en pugilat. Il est alors un moralisateur qui se souvient de la philosophie d'Érasme. Il sait aussi être sentimental dans la verméerienne Leçon de musique (National Gallery, Londres), ou religieux dans Jésus parmi les vieillards (Kunstmuseum, Bâle) qui n'est pas sans évoquer Rembrandt.
Une technique vigoureuse — goût des contrastes lumineux et de la pâte colorée — sert ce caractère « turbulent et gouailleur » (E. Fromentin), cet artiste, proche de Molière (La Malade, Rijksmuseum, Amsterdam), dont la verve s'impose.
Jean-Marie MARQUIS
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