On ignore tout de la formation de Jan Siberechts qui est le fils d'un sculpteur. Ce peintre est l'une des figures les plus indépendantes du paysage flamand du xviie siècle. En 1648-1649, il apparaît comme maître dans la gilde d'Anvers, se marie en 1652 et s'établit à Londres en 1672. Dans un premier temps, jusque vers 1661 environ, Siberechts pratique une manière italianisante proche de celle de Both, de Berchem, de Pynacker ou de Dujardin, qui fait supposer, ce dont on n'a pas de preuves documentaires, qu'il est allé en Italie : Siberechts se révèle alors plus néerlandais que spécifiquement flamand. Une deuxième période dite anversoise dure jusqu'à son établissement en Grande-Bretagne. C'est également celle de ses meilleures œuvres : cheminements de bestiaux et de paysans, souvent à travers des gués, cours de fermes, bestiaux au pâturage ; une lumière crue, merveilleusement pure et sculpturale, tombe en oblique ou latéralement sur les formes, et les cisèle. Des couleurs vives et franches, un clair-obscur implacable, une sorte de rusticité naïve qui s'élève jusqu'à la monumentalité, la poésie du silence et de la majesté des statues caractérisent l'art savoure […]
