Nature mystique, adepte de la théosophie (il tenta d'y initier Paul Sérusier) avant sa conversion au catholicisme, à laquelle n'est probablement pas étranger Maurice Denis (le « Nabi aux belles icônes »), le peintre hollandais Verkade (originaire de Zaandam, élève à Amsterdam de H. J. Haverman) a participé activement, dès son entrée au monastère bénédictin Saint-Martin de Beuron, au sud de la Forêt-Noire, au mouvement de rénovation de l'art religieux d'inspiration symboliste fondé sur le courant d'idées néo-platoniciennes alimenté par le père Didier Lenz ; ce dernier était l'auteur des Saintes Mesures (traduit par Paul Sérusier), charte et source théorique des travaux élaborés à partir de modèles égyptiens et grecs par la congrégation des moines peintres, sculpteurs, orfèvres, mosaïstes, architectes qui œuvraient à Beuron depuis les années 1870. Sa forte carrure et sa haute taille lui avaient valu le surnom de « Nabi obéliscal » au temps où, après avoir travaillé à l'académie Julian (le centre d'art vivant où, précisément, il rencontra Maurice Denis), il se trouva associé au groupe des Nabis formé à Paris, en 1889, sous l'impulsion de Sérusier, lequel allait, d'une part […]
