2. Corps glorieux
Jan Fabre mène ensuite ses principales investigations sur le terrain du corps. Là, les pratiques plastiques et scéniques se distinguent en se complétant. En dehors d'une matérialisation du passage du jour à la nuit où se nouent les processus de disparition et d'apparition chers au plasticien, la série de dessins L'Heure bleue s'attache au support comme peau, à ses transformations et blessures survenant sous l'action du stylo. Cet intérêt pour le corps externe se retrouve dans la fascination exercée par les insectes, véritables représentants d'une mémoire originelle et symboles d'une métamorphose, qui marque la quintessence de son œuvre. Tel un orfèvre, Jan Fabre recouvre entièrement des objets avec la carapace de scarabées (Le Mur de la montée des anges, 1994). Celle-ci peut également s'assimiler aux armures portées par les danseurs.
La scène permet à Fabre de se centrer avant tout sur le corps vivant. Lors de performances, il sonde sa résistance physique et mentale en dessinant avec son sang (My Body, my Blood, my Landscape, 1978 ; Sanguis Mantis, 2001). Avec Je suis sang (2001), conte de fée médiéval spécialement conçu pour la cour d'honneur du palais des Papes lors du festival d'Avignon, il imagine un spectacle sur le corps interne, appréhendé dans sa dimension physique, mystique et emblématique qui se retrouve dans Quando l'Uomo principale è una donna (2004). Dans la majorité de ses créations, le corps des interprètes n'est pas seulement soumis à une discipline de fer, mais il lui faut aussi libérer ses instincts. La pulsion animale entre en conflit avec ce que Fabre nomme la « formalisation de l'être humain ». Cette ambivalence se retrouve particulièrement dans Parrots and Guinea Pigs (2002).Revenu en 2005 au festival d'Avignon, cette fois en tant qu'artiste associé, Jan Fabre a présenté L'Histoire des larmes et une recréation de Je suis sang Ces spectacles ont alors provoqué une vive polémique. D'autres créations ont suivi, telles que I am a Mistake (2007) et
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