Romancier naturaliste américain, disciple de Dreiser, et comme lui d'origine étrangère et catholique, James T. Farrell décrit un milieu qu'il connaît bien pour en être lui-même issu, celui de la petite bourgeoisie irlando-américaine à Chicago dans les années vingt et trente ; ses meilleurs livres ont un caractère nettement autobiographique.
De son œuvre considérable, il faut d'abord retenir la trilogie de Studs Lonigan, qui comprend Young Lonigan(Young Lonigan, a Boyhood in Chicago Streets, 1932), La Jeunesse de Studs Lonigan (The Young Manhood of Studs Lonigan, 1934) et Le Jugement dernier(Judgment Day, 1935). Farrell y décrit impitoyablement la déchéance et la décomposition morale d'un jeune garçon américain d'origine irlandaise, victime de son milieu et de son époque ; le milieu, cette petite bourgeoisie à peine sortie de la misère, uniquement orientée vers les valeurs matérielles, raciste (en raison surtout de l'incertitude de son statut dans la société américaine) et, sur le plan culturel et spirituel, d'une affligeante pauvreté qu'entretient un clergé rétrograde. L'adolescent ne peut trouver ses modèles que dans […]
