Maigre, extraverti, adolescent attardé, souvent bafouillant et gesticulant, James Stewart ne correspondait pas à l'idée préconçue du séducteur hollywoodien, ni même du bon comédien. Il fut pourtant adulé par la critique autant que par le public, et Kim Novak le désigna comme son partenaire « le plus sexy ». Père de famille tranquille, il fut l'une des rares superstars à ne donner naissance à aucun mythe. À l'écran, on le vit se battre pour ses idées, tout en demeurant réfractaire à toute idéologie : James Stewart, c'est la pure Amérique telle qu'elle se rêve, malgré la conscience progressivement douloureuse d'une utopie contrariée.
James Stewart naît en 1908. Il est l'aîné d'une famille de commerçants aisés d'Indiana (Penn.). Après un diplôme d'architecture, il rejoint Joshua Logan dans une compagnie théâtrale du Massachusetts, University Players. En 1932, il débute à Broadway et, en 1935, déménage pour Hollywood, où sont déjà installés ses anciens camarades Henry Fonda et Margaret Sullavan.
Le premier (petit) rôle de Stewart à l'écran est celui d'un journaliste, face à Spencer Tracy, dans Murder Man(Tim Whelan, 1935). Ce sera la profession qu'il interpréte […]
