3. Le cycle géostrophique et le plutonisme
La lente érosion (le temps n'est rien pour la nature) remplit peu à peu le fond des mers de sédiments meubles. Mais, à terme, la chaleur va gagner cette masse de couches ; les dépôts vont se durcir ; une partie va fondre (abusivement, Hutton étend cette idée au sel gemme, aux silex, etc.). Sous l'effet de l'immense puissance d'expansion qu'exerce la chaleur souterraine, ces produits de fusion vont être introduits de force, violemment, dans les fractures des couches consolidées et, souvent, transformées. Ainsi naît le granite, non plus roche primordiale, mais au contraire plus jeune que l'encaissant. Ces processus se font en profondeur : d'où le terme, rapidement créé, de plutonisme pour caractériser cet aspect du système huttonien. Les couches sont brutalement brisées et déformées de diverses façons. Le tout est soulevé en masse au-dessus du niveau des mers : ainsi naissent de nouvelles montagnes, une nouvelle terre ferme.
À leur tour, les eaux courantes les nivelleront peu à peu, tandis que leurs débris iront se déposer sur la tranche des couches des anciennes montagnes arasées devenues fond de mer. L'observation de discordances angulaires typiques (cf. illustration) constitue la preuve palpable de ce vaste processus (notre cycle géostrophique) ; Hutton les a prévues ; il les découvre après coup, et en comprend de suite tout le sens. De même, il recherche, il trouve, a posteriori, des restes de fossiles dans le « schiste alpin » du complexe basal : le « Primitif », azoïque par essence, prétendu produit de conditions initiales sans équivalent ultérieur, n'existe pas. Ce ne sont que les sédiments transformés, issus de l'érosion de reliefs encore plus anciens : Hutton, apport décisif, introduit donc, ce faisant, le concept de métamorphisme. Au cours de l'immensité sans limite de la durée, on a ainsi « une succession de mondes ». D'où, en conclusion, ces paroles hardies : « Ainsi, le résultat de notre présente enquête est que nous ne trou […]
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