Né dans la petite ville américaine de Bloomington (Illinois), James Harvey Robinson semblait destiné à succéder à son banquier de père. Il sera en fait le créateur de l'école de « nouvelle histoire américaine ». Après un voyage en Europe, il entre à Harvard puis poursuit ses études à l'université de Fribourg-en-Brisgau, où il obtient son doctorat en histoire. Étant donné l'influence germanique sur l'organisation universitaire américaine, il obtient aisément un poste de professeur à l'université de Pennsylvanie, puis à la prestigieuse université Columbia à New York. Spécialiste de l'histoire européenne, il introduit aux États-Unis deux idées neuves : d'une part, la critique acérée, philologique, des textes et de leur authenticité ; d'autre part, l'idée que l'histoire n'est pas seulement celle, politique et militaire, des grands hommes mais aussi celle, économique et sociale, de l'ensemble des groupes sociaux, du plus humble des individus au plus célèbre. Qui plus est, l'histoire, si elle peut prétendre à l'objectivité scientifique, ne saurait être pour lui socialement neutre : science vivante, elle permet de comprendre le présent par l'expérience du passé. Ami de John Dewey (créateur d'un enseignement expérimental), du sociologue Thorstein Veblen, professeur de Charles Beard, il marquera profondément l'enseignement de l'histoire aux États-Unis : la première édition de son ouvrage An Introduction to the History of Western Europe (1902) sera tirée à 250 000 exemplaires. Ses autres œuvres (The New History et The Making of the Mind sont ses œuvres les plus connues), si elles n'atteignent pas ces tirages, n'en sont pas moins très populaires. Cette volonté de moderniser l'histoire se traduit également chez Robinson par le désir de la populariser pour tous : une éducation permanente avant la lettre, empruntant à toutes les sciences sociales. Avec les savants cités plus haut, il crée la New School for Social Research qui se spécialise dans l'éducation des adultes.
Marie-France TOINET
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