Sémantiquement et psychologiquement, la jalousie est inséparable du désir. Bossuet prête au mot le sens de « passion sans partage » lorsqu'il écrit : « Combien de Romains furent jaloux de la liberté. » C'est le « zèle extrême » qu'atteste, à l'origine, le provençal gelos, fréquent dans la poésie des troubadours, entre les années 1135 et 1150. L'influence du coq ou jal aurait, selon Grzywacz, déterminé la forme française.
Pour Joyce McDougal, la jalousie sous-entend l'existence d'un sentiment amoureux. Il semble cependant nécessaire d'inclure à la composante fondamentale une double disposition qui, dans son essence, n'offre rien de commun avec les élans du cœur. La volonté d'appropriation et l'esprit de concurrence viennent se greffer en somme sur une passion initialement vouée à combler les vœux de bonheur de deux êtres sous le charme d'un attrait réciproque. La Rochefoucauld l'a bien perçu, qui constate : « La jalousie est en quelque sorte juste et raisonnable puisqu'elle ne tend qu'à conserver un bien qui nous appartient ; au lieu que l'envie est une furieuse qui ne peut souffrir le bien des autres. » Et d'Alembert : « On est jaloux de ce qu'on possède […]
