4. L'hypercentre de l'Indonésie
Alors que, lors de la fondation de la ville, la population locale a été chassée, remplacée par des migrants, volontaires ou esclaves, finissant par former un groupe ethnique, les Betawi, tous les groupes de l'archipel sont aujourd'hui représentés et se mélangent dans des quartiers qui ont perdu la caractéristique ethnique suggérée par leur toponyme. Seules les communautés d'origine étrangère (chinoise, arabe, indienne) gardent une tendance au regroupement.
Jakarta est aussi le lieu où les choses se passent : on y discute et décide des contrats avec les politiques, les entreprises s'y installent car on y trouve les banques, le marché, une main-d'œuvre migrante malléable, les meilleures infrastructures, enfin c'est là où se concentrent l'international et la modernité ; ces avantages surpassent les contraintes d'un foncier de plus en plus cher et des conditions de vie difficiles (transport, pollution, insécurité). Jakarta et ses deux provinces limitrophes (Java Ouest et Banten) produisent un tiers de la richesse nationale (hors pétrole et gaz), ont reçu 43 p. 100 des investissements étrangers entre 1997 et 2005, concentraient la même proportion des emplois dans les grandes et moyennes entreprises du temps du plein emploi, avant la crise asiatique de 1997-1998 (25 p. 100 à Jakarta et sa banlieue) ; enfin 80 p. 100 des importations du pays arrivent dans son port, Tanjung Priok (2005).
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