2. Jakarta symbole d'une nation moderne
Devenu le centre de la nation, Jakarta a connu une formidable croissance et de spectaculaires changements dans son paysage. Le premier président, Sukarno, architecte de formation, trace les grandes artères qui vont restructurer la ville et aux croisements desquelles des statues monumentales sont érigées. Le Parlement et les premiers bâtiments d'une dizaine d'étages, dont l'hôtel Indonesia, font leur apparition juste au sud du cœur historique. Mais la situation politique et économique des années 1960 ralentit les travaux, et il faudra attendre le premier choc pétrolier (1973), sous la présidence de Suharto, pour voir les infrastructures de la ville se moderniser, un réseau d'autoroutes urbaines se mettre en place, et la verticalisation véritablement commencer sur les grandes artères. Les hautes tours forment parfois des complexes regroupant commerces, bureaux, hôtels et appartements de luxe. Ces centres d'affaires internationaux reconfigurent constamment la ville qui n'a plus à proprement parler de centre, mais plusieurs centres, d'autant plus que, à la fin des années 1980, les administrations déménagent à la périphérie sud, l'ancien cœur de la cité restant réservé aux fonctions présidentielles.
Les quartiers d'urbanisation spontanée, les kampung ou villages urbains, qui avaient fait l'objet de programmes visant à améliorer la circulation interne, l'adduction d'eau et le drainage, subissent des évictions massives pour faire place à des aménagements modernes. Cependant, la maison individuelle reste le mode d'habitat préféré de toutes les classes sociales, souvent sur le modèle du lotissement mis en place dans les années 1970 pour les fonctionnaires, mais ouvert dans les années 1990 à toutes les catégories sociales grâce à des crédits fonciers adaptés.
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