Sans doute le plus ancien directeur de cirque ambulant. Fils d'un marchand grenoblois, Tourniaire arrive à Paris à l'âge de quinze ans et s'engage dans la troupe d'Astley dont il devient bientôt l'un des meilleurs écuyers. Au départ d'Astley pour l'Angleterre, il reste quelque temps avec les Franconi. En 1801, il fonde sa propre compagnie et se met à parcourir l'Europe. De 1801 à 1815, il voyage surtout en Allemagne. Il y est très populaire, ainsi que sa femme, la jolie Philippine Rédiger, qui présente des chevaux en amazone. Philippine appartenait à une famille d'artistes « d'agilité » ; un Rédiger dirigeait un spectacle de « physique » en 1766 sur le boulevard du Temple. Après 1815, Tourniaire s'établit en Russie pour plusieurs années. C'est le premier directeur de cirque que l'on y rencontre. Il voyage également à travers l'Europe du Nord. Bernadotte, devenu Charles XIV, le nomme écuyer d'honneur. Il meurt à Königsberg, laissant le cirque à ses fils aînés, Benoît et François, qui passent en Angleterre en 1840 avant de s'installer définitivement en Amérique. Ernest, le cadet, poursuit dans des cirques allemands sa carrière d'écuyer qu'il termine comme directeur de manège. Sophie épouse Louis Foureaux, qui figurait dans la troupe et dont les descendants seront longtemps directeurs de cirque. Écuyer remarquable, directeur avisé, élégant, aimant le faste, Jacques Tourniaire fut un excellent propagandiste du goût et du renom français : voilà bien des épithètes élogieuses ! Sa vie serait un bon sujet pour une image d'Épinal édifiante.
Jean BAUDEZ
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